• Ch21

     

    Chapitre 21

    Jhi-laim

     

    [ Version illustrée disponible ici ]

     

     

                De l'eau. En fines gouttelettes. Eparses, désordonnées, comme destinées à glisser inlassablement sur les corps meurtris par le sang et le froid. Fraicheur bienvenue sur les plaies brulantes. Légère, fraiche, reposante. Annonçant la fin d'une anarchie que tous croyaient éternelle.
    Clapotant faiblement contre les dalles de pierre de l'arrière cour qui suintaient encore de rouge, entrainant le liquide vermillon dans son sillage, dévalant la cour en petits ruisseaux discrets sous les pieds des guerriers.
    C'était fini. Terminé. Pour cette fois.
    Les souffles se détendirent, se firent plus réguliers. Des éclats de voix naquirent dans la foule.
    Et la pluie battait encore le sol souillé. Inlassablement.


                Black était trempé. Imbibé d'eau des pieds à la tête. Son pyjama lui collait à la peau, ses cheveux dégoulinaient sur son front et ses yeux se brouillaient à travers les gouttes. Et il s'en fichait royalement. 
    «  - Mynocia ! MYNOCIA ! EH ! Ouvre les yeux, Myn !! »
    Il hurlait à s'en déchirer les poumons, par-dessus le tumulte de son cœur paniqué qui lui criait de réagir. Bon sang, mais que se passait-il ?! Pourquoi Mynocia venait-elle de lui tomber dans les bras ?!
    Il chancela légèrement sous le poids de la guerrière, mais tint bon et la maintint contre lui, tombé à terre dans l'eau, la boue et le sang.


    Qu'importe qu'il soit sale. Mynocia était son unique priorité. Sa raison d'être, de vivre, d'exister.
    Il ne pouvait plus détacher ses yeux horrifiés de la guerrière dans ses bras.
    Il hurla de nouveau, des larmes se mêlant à la pluie sur ses joues.
    «  - MYNOCIAAA !! »

    Tom se précipita à ses cotés en entendant son cri, chutant dans la boue à son tour. Tentant en vain de calmer son ami qui avait cédé à la panique.
    « - Calme-toi, Black, elle va bien je t'assure, c'est la fatigue ! »


    Il criait lui aussi pour être audible par-dessus la pluie. C'était inutile. Le justicier était tombé sur Mynocia, les doigts crispés sur ses joues, tentant de la ranimer de toutes les manières possibles.
    Pourtant, en l'entendant sangloter, le chef de guerre ne tint plus et lui attrapa les épaules, cherchant à l'éloigner de Mynocia. L'effet fut brutal et immédiat : Black le repoussa violemment, le faisant tomber sur les fesses dans la gadoue.
    « - LACHE MOI ! »
    Le jeune homme resta à terre, le regard baissé, encaissant comme il put.

    Et Black était reparti à crier. Croyant que s'époumoner pourrait ramener Mynocia, la sortir de sa torpeur.
    Il avait peur. La panique lui broyait les poumons, et son regard s'était rivé sur les paupières closes de Mynocia. Pitié, qu'elle ouvre les yeux, pitié ...
    Il se pencha, baisa ses joues, son nez, ses lèvres. Désespéré.
    « - Mynocia ... Mynocia ... »


    Les pleurs devenaient plaintifs, emplis de désespoir. 
    Il voulait qu'elle ouvre les yeux, là, tout de suite ! Il voulait revoir ce turquoise, ce regard moqueur et ironique ... Il voulait, il voulait ...
    SHLACK.

    Les gémissements de détresse de Black s'arrêtèrent soudain. Le martèlement de la pluie revint.
    Parmi les Elfes, le silence tomba. Aucun n'osa croire à ce qu'il venait de se produire.
    Nelween, la main encore en l'air, regardait à présent le justicier droit dans les yeux. Celui-ci, ébahi, sonné, une douleur cuisante dans la joue gauche, regardait la princesse comme s'il avait surpris un fantôme en train de danser en culotte courte.


    Tom, les fesses toujours dans la boue rougeâtre, fixait sa sœur d'un air interdit. En 21 ans, c'était la première fois qu'il la voyait gifler quelqu'un.

    « -Tu nous casse les oreilles, Black. »
    Cette fois-ci, et malgré la pluie, toute l'armée de Cristal entendit distinctement Nelween.
    Le dénommé, apeuré, trouva tout de même le culot d'argumenter.
    « -Mais ... Mynocia a ... Il faut faire quelque chpsqkj ... »
    Il ne put terminer sa phrase. A leurs côtés, Clia éclata de rire.
    Nelween était de retour.


    « - Tu me saoules. On te dis qu'elle va bien. Elle a juste dégonflé, tu comprends ? Non, n'essaie pas de répondre quoi que ce soit, parce qu'au prochain mot c'est la gadoue. »
    La menace fit mouche. Le preux Justicier Rouge resta paralysé, une grosse motte de terre entre les dents, face au regard presque jaune empreint de folie.  La princesse s'éloigna du jeune homme une fois qu'elle se fut assuré qu'il s'était calmé, et rejoignit Ream qui souriait lui aussi.
    Black, resté à terre, prit soin de noter en lettres rouges et capitales dans un recoin de sa tête « NE JAMAIS CONTREDIRE NELWEEN. », recrachant l'herbe qu'elle lui avait violemment fourrée dans la bouche.
    Les soigneurs arrivèrent enfin à ses côtés et prirent Mynocia en charge, la plaçant délicatement dans un brancard d'osier sombre.


    « Où allez vous l'emmener ? Questionna le justicier, s'étant préalablement assuré de ne pas être audible par Nelween lorsqu'il s'était adressé à l'homme.
    - A l'hôpital du second Q.G., répondit l'un deux, elle a besoin de beaucoup de repos. »

     

    « - Rassemblez-vous, tous, s'il vous plaît ! »
    L'appel de Clia fit tourner toutes les têtes, attirant l'attention de tous les Elfes sur leur souveraine.
    « - Mes amis, la bataille a fait rage ce soir ... Je veux que vous soyez assurés qu'une telle tragédie ne se reproduira plus ! Les vies perdues cette nuit seront celles que nous vengeront ! A l'avenir, chacun d'entre vous devra redoubler de prudence....


    Elle marqua une brève pause, s'assurant que son peuple l'écoutait, et reprit :
    - J'aimerais que les trois généraux, ainsi que les liés emménagent avec moi au repaire de Jhi-laim, et que quelques soldats nous accompagnent ce soir pour aider à soigner et transporter les blessés. Nous traverseront la forêt à pied, alors assurez vous de rester groupés et de ne pas sortir du champ de protection de Leïnae. J'aimerais par ailleurs que les cinq commandants organisent une fouille rapide des décombres et dressent un bilan de nos pertes ... Je compte sur vous tous ! »

     

    A peine son discours terminé, Tom prit les choses en main et se chargea de guider chaque Elfe vers sa tâche, assignant deux soldats à chaque blessé, laissant Ream et Nelween organiser la garde de la Reine et de la voyante.
    Black, de son côté, regardait les choses s'organiser. Il avait comme l'impression d'avoir été déconnecté de la réalité.
    Il suivait le cortège improvisé, fixant le brancard où était étendue Mynocia.
    Il avait eut si peur ... 


    A ses côtés, la troupe pénétra dans les bois sombres. Il retint un frisson. Le froid le prenait à présent, et une brise glacée semblait vouloir congeler la moindre part de chaleur qui subsistait sur lui. Sur son pyjama, le sang et l'eau avaient refroidis, collant à sa peau et le trempant de la tête aux pieds.
    Pourtant, il ne dit rien, ne se plaignit pas, tenta de calmer le claquement de ses dents, et avança.
    En silence. Avec un étrange goût de terre dans la bouche.

    Néanmoins, il se sentait moyennement rassuré. Les feuilles glissaient sous ses pas, crissaient, craquelaient. Dans les arbres, les branches semblaient se mouvoir les unes sur les autres, serpentant sur l'écorce humide des chênes.


    Black jura un instant avoir atterri dans un de ces films d'horreur dont Sean raffolait tant.
    Il sursauta violemment quand Nelween, arrivée discrètement par derrière, lui sauta dessus. Le cri fort peu masculin qu'elle lui tira fit tourner quelques têtes dans sa direction et s'envoler des chauves-souris d'un arbre voisin. Il rougit jusqu'aux oreilles, maudissant Nelween, cette foret trop sombre et sa phobie de l'obscurité.

    Enfin, après de longues minutes de torture silencieuse à travers la forêt, de la lumière perça à travers les arbres. Tous accueillirent cette lueur comme l'espoir de la fin de cette nuit trop longue.
    « Nous sommes arrivés ».


    Bien que cela eut été évident pour tous, l'affirmation de Ream rassura la troupe.
    Black sentit le soulagement l'envahir, et chercha Tom qui menait le groupe du regard. Il rejoignit son ami, décidant de ne plus le lâcher d'une semelle. Une présence familière le rassurait, et il ne voulait pas se retrouver à nouveau tout seul.


    Le cortège s'extirpa des arbres, dévoilant au regard de tous le château du prince Jhi-laim aux hautes tours grises.

    En face d'eux, trois silhouettes se détachèrent des lumières de veille du château.
    « - Mère ! »
    L'ombre de milieu, celle de Jhi-laim, courut dans leur direction, l'air alarmé. A ses côtés, Mihaje et Huliem suivirent, détaillant d'un regard horrifié le petit groupe tâché de sang.
    « - Que s'est-il passé ?! »


    La voix du prince transpirait d'inquiétude. Il semblait s'être réveillé à la hâte : ses longs cheveux bruns s'emmêlaient sur ses épaules, ses vêtement avaient été enfilés à la va-vite et son jabot était de travers. Pourtant, sur ses traits fins, dans ses yeux couleur noisette, s'était peinte une inquiétude sourde. Il balaya le groupe du regard, murmurant un « bon sang ... » à demi-voix.
    « - Tom ! El... Black ! Bon sang, vous êtes dans un état ... »


    Black sentit son cœur rater un battement. Jhi-laim avait manqué de l'appeler Elain. Alors ainsi, il avait fait le lien depuis le début ... Et personne ne l'avait chassé, regardé de travers ou questionné.
    « - Une attaque, Jhi'. Le quartier général est en cendres, lâcha Nelween. »

    « Venez, entrez vite vous mettre en sécurité, que vous puissiez nous raconter tout ça. »
    Le prince joignit le geste à la parole et se décala pour laisser passer le groupe, pendant que Mihaje et Huliem partaient prêter main forte aux soldats et soigneurs s'occupant des blessés. Black, en voyant Tom partir d'un pas rapide et décidé, lui attrapa le poignet d'un simple reflexe, baissant les yeux en réalisant son geste... Sans pour autant lâcher sa prise.


    Devant lui, son ami ne fit aucun commentaire, saisit ses doigts entre les siens et ne les quitta plus, bien que leurs mains glissaient l'une dans l'autre à cause du sang, de la sueur et de la terre qui maculaient leurs paumes.
    La porte du grand fort claqua derrière eux.

     

     

               Black se laissa tomber sur la chaise de bois dur qui protesta vivement d'un craquement furieux. A sa droite, celle de Tom grinça aussi.


    Les blessés avaient été transportés à l'hôpital. Mynocia prise en charge. Il se sentait soulagé, et la fatigue venait de l'envahir tout entier d'une seule vague. Il refusa poliment le verre d'eau que lui présentait Tom, et tenta de se re-concentrer sur les paroles de Jhi-laim assit en bout de table.


    Le prince, Clia, Leïnae, Nelween, Ream, Mihaje, Huliem, Tom et lui-même avaient été confinés dans une salle de réunion improvisée pour rendre compte des événements de la nuit.


    Mais Black ne parvenait plus à se concentrer sur autre chose que les passionnantes rainures de la table de bois. Fort artistiques, par ailleurs, ces rainures. Deux jolis sillons parfaitement parallèles ...


                Tom se passa la main dans les cheveux pour la soixantième fois de la nuit, signe de sa fatigue grandissante. Toutes ces émotions l'avaient épuisé et il ne parvenait plus à réflechir correctement.
    « - Je suis désolé, reprit le Prince, mais aucun quartier ne pourra être libéré avant demain soir. »
    Le chef de guerre chassa de nouveau ses cheveux de son front. Il ne pouvait pas laisser Black, Ream et Nelween gorgés de sang et de crasse dormir dehors !


    Les cloches du château sonnèrent trois heures du matin, ce qui sembla soudainement réveiller Nelween qui avait posé son verre en équilibre sur sa tête, les yeux à demi-clos.
    « - Pourquoi ne pas aller dormir à la belle étoile ? »

    Le silence suivit sa proposition. Seul le claquement régulier du talon de Jhi-laim contre sa chaise résonnait dans la petite pièce.
    « - Je n'y vois pas d'objection, confia Clia, le domaine est protégé par les enchantements et avec de bonnes couvertures, vous ne souffrirez pas du froid. 
    - Peut-on tout de même se changer avant ? »


    La demande de son fils adoptif fit sourire la Reine, mais ce fut Jhi-laim qui répondit.
    « - Ma salle de bain et mes vêtements sont toujours à ta disposition, Tom. Et toi aussi, Black. »
    Celui-ci releva soudainement le nez des passionnantes rainures sur la table en entendant son nom. Son air perdu et fatigué acheva de convaincre Tom qui donna raison à sa sœur et son frère et suivit celui-ci jusqu'à ses quartiers, tirant Black qui suivit sans protester.

     

                  Black soupira de bonheur. Bon sang, rien ne valait de se sentir enfin propre de la tête aux orteils. Il ébouriffa ses cheveux encore humides, se créant un rideau rouge devant les yeux. Se saisissant d'une mèche du bout des doigts, il pensa un instant que ses cheveux avaient décidemment bien repoussé depuis la première attaque des élémentaires.


    « - Ca fait un bien fou ! Lâcha Tom, lui aussi propre et changé, le rejoignant dans le corridor. 
    - Jhi-laim est vraiment sympa de nous avoir prêté des vêtements ! »
    Tom sourit à son ami, lui expliquant avec malice que le prince  n'agissait pas de la sorte avec tous et qu'il était en général plutôt vu comme autoritaire. Le jeune homme, qui allait en profiter pour le mitrailler de questions, fut interrompu par Nelween et Ream. Tous deux changés et lavés, ils flottaient dans des pyjamas bariolés trop grands pour eux, et Ream portait dans ses bras une impressionnante pile de couvertures. Au haussement de sourcil du chef de guerre, il s'expliqua :
    « - Son Altesse m'a forcé à toutes les prendre. »


    L'élémentaire sourit. Sa mère adoptive ne changerait jamais.
    « -Et si nous y allions ? Proposa Black que la fatigue éprenait de plus en plus à chaque instant, peinant même à se tenir droit. »
    Tous acquiescèrent, suivant Nelween, elle très en forme, qui trottinait en marche arrière en direction de la forêt du château.

    Le petit groupe marcha quelques minutes à travers les bois sombres et Black se surprit de nouveau à se rapprocher de Tom.
    Il n'y pouvait rien. C'était plus fort que lui ! Il avait une trouille monstre de l'obscurité et le tremblement des feuilles, le hurlement du vent à travers les sombres branchages n'avaient rien pour le rassurer. Il combla encore un petit peu la distance qui le séparait de son ami et jeta un œil derrière eux. Mauvaise idée.
    Trèèèès mauvaise idée.


    Le sentier avait disparu dans l'obscurité. Au loin, il crut même apercevoir deux points rouges luisant entre deux buissons ... Bon sang, mais pourquoi DIABLE avait-il accepté d'accompagner Sean dans ses visionnages de films d'horreur ?! Voilà qu'il avait des hallucinations à présent !
    Le justicier rouge serra les dents, envoya paître sa trouille du noir, et redressa la tête, défiant d'un regard mal assuré les chênes devant lui.

    « - STOOOOOPEUH ! »
    Le beuglement de Nelween fit s'envoler à la hâte une colonie entière de chauve-souris, effrayées par la puissance des ondes qu'elles venaient de recevoir. Le groupe fut contraint d'obéir et s'arrêta derrière elle.
    « - Voilà, une jolie petite clairière par-fai-te ! »
    Black tiqua. Le bout, enfin, l'infime parcelle qu'elle désignait était tout ... Sauf une clairière. Un petit trou entre deux arbres, passait. Et encore. Mais certainement pas une clairière. Et puis pourquoi pas un champ, aussi ?


    Au moment où il allait faire remarquer qu'ils feraient mieux de continuer à marcher, la princesse sauta dans le chêne le plus proche, s'agrippa à une branche, monta dessus, s'y pendit par les pieds ... Et ferma les yeux.
    Comme si le spectacle de l'elfe se prenant pour une chauve souris était tout ce qu'il était de plus normal, Ream s'assit au pied de l'arbre en question, croisa les bras et ferma les yeux à son tour.

    « -Viens Black, on sera mieux par là. »
    La voix de Tom le tira de sa contemplation du couple qui semblait déjà endormi. Il ne savait même pas pourquoi il s'étonnait encore des bizarreries de ces deux-là.
    « - Tu viens ?
    -Désolé, j'arrive. »


    La fatigue et la peur cumulées ne l'aidaient pas à être très présent.
    Il suivit son ami, le regard toujours rivé sur les danses macabres des branchages face à lui.
    Enfin, Tom s'arrête à son tour, laissant les couvertures tomber au sol.
    « - Ca te va si on s'installe ici ? demanda-t-il d'une voix où perçait aussi la fatigue. »

    Black détailla rapidement l'endroit du regard : une clairière. Une vraie, cette fois-ci !
    Les arbres formaient un rond presque parfait où l'herbe n'était par chance pas trop haute (il ne manquerait plus qu'un serpent se faufille vers lui pendant la nuit) et où les lapins n'avaient pas eu l'air d'avoir envie de trop proliférer. Pas de trous, pas d'eau ... Une étendue humide et calme, somme toute.
    « - Parfait, commenta le justicier rouge, tournant autour de lui-même. »


    Il découvrit avec soulagement que de là où ils étaient, il apercevaient toujours les lumières du château. Ils n'étaient pas loin de Mynocia qui devait dormir profondément, chaudement étendue dans un lit à l'hôpital

    Le vent souffla une grande rafale, emportant les couvertures que Tom venait de disposer sur le sol. Son ami pesta en poursuivant les draps, le faisant sourire pour la première fois de cette nuit anarchique. Tout n'allait pas si mal, finalement. La frayeur de la bataille était passée, ses amis étaient sains et saufs, il était propre et sec ... Et avec Tom.


    Oui, vraiment, cela aurait pu être pire.
    En entendant le chef de guerre proliférer des menaces de mort en elfe, il décida d'aller lui prêter main forte plutôt que de la regarder faire les bras ballants. Si Tom se mettait à jurer, c'était qu'il était vraiment fatigué et qu'il avait vraiment besoin d'aide.


    Heureusement, à tous les deux, ils parvinrent à coucher deux draps dans l'herbe, face à face.

    Black se glissa en soupirant de bonheur sous les deux couvertures polaires, calant sa tête sous une racine. Bon sang que cela faisait du bien de s'allonger ! Certes, il avait connu plus confortable comme oreiller (Mynocia, notamment), mais ce n'était pas si mal, au final.
    Se relevant sur les coudes, il s'appercut que Tom, lui aussi enfoui sous des draps chauds, s'était déjà tourné sur le côté, prêt à s'endormir.
    « - Bonne nuit, fit gentiment Black en se tournant à son tour. »
    La réponse tarda à venir.
    « Nuit, Black. »


    Sa voix était déjà empreinte de sommeil.
    Black se tourna sur le côté pour la énième fois. C'était certain à présent : il détestait cette forêt. C'était tout bonnement impossible d'y fermer l'œil. Les branches grouillaient de bruits non identifiés et non identifiables, et le vent hurlait à travers les feuilles, amenant à sa suite un silence encore plus inquiétant encore.
    «  Houuuuuuuuhouuuu »


    Black sursauta violemment. Bon sang, bon sang, bon sang ! Mais quel crétin il faisait ! Une chouette ! Une fichue chouette venait de lui coller la trouille de sa vie !
    Il eut beau se traiter intérieurement de tous les noms, son cœur battait à tout rompre et il sentit avec effroi une sueur froide lui descendre le long de la colonne vertébrale... Pendant que quelque chose escaladait sa main droite. Il fit un second bond, gesticulant ridiculeusement dans tous les sens pour se débarrasser de l'araignée qui le prenait pour une montagne à gravir ou un branchage à l'air fort adéquat pour une toile.
    Il frissonna. En temps normal une petite araignée ne l'aurait même pas fait sourciller. Mais à cet instant, il tremblait rien qu'à l'idée qu'elle ne revienne tenter une escalade de ses orteils.


    L'herbe était noire, il ne voyait strictement rien ... Et en plus il avait perdu la bestiole de vue.
    « - Mais t'es partie où, bon saaaaang ? Murmura-t-il pour lui-même, la voix tremblante, secouant les draps comme un forcené.
    Ah, qu'elle était belle, l'image du Justicier Rouge, trouillard de première, effrayé par une araignée ! Il crut même un instant entendre le rire moqueur de Mynocia résonner dans sa tête.

    Sa petite entrevue avec l'araignée acheva de craquer ses nerfs. Il ne sentait bien partit pour une nuit blanche passée à guetter le moindre petit insecte dans la pénombre.
    « Génial, maugréa-t-il intérieurement. »
    Le hibou (ou la chouette, il n'en savait rien), hulula de nouveau et il se tendit.
    Devant lui, Tom se tourna dans son sommeil.


    Black le regarda, envieux. Il ne se voyait vraiment pas passer encore quatre heures ainsi.
    Et s'il allait dormir avec Tom ? Non, il ne pouvait décemment pas oser. Il n'était plus un enfant et son ami dormait profondément ...
    Sa copine l'araignée décida soudain de retenter son expédition sur les pentes arides du Blacky-bear. Cette fois-ci, il se releva d'un bond, se tortillant dans tous les sens. Au diable sa fierté et sa bonne conscience, il allait rejoindre Tom.


    Il ramassa ses couvertures, les secoua énergiquement en l'air pour y chasser d'autres petits invités à pattes, les roula en boule sous ses bras et tomba à genoux à côté de son ami.
    Dépliant un drap, il se coucha dessus, tira sur celui de Tom de façon à ne former plus qu'une grande couverture. Il se saisit ensuite délicatement des tissus qui couvraient Tom, ajouta un des siens et poussa le restant sous leurs têtes.
    S'il avait réussi à rester discret jusqu'à présent, en se glissant contre lui, une de ses jambes avait malencontreusement fuit entre les siennes.
    « Mh ? Black ? »
    - Désolé, rendors-toi, chuchota-t-il à son ami »
    Mauvaise idée. Tom se tourna de son côté, les yeux ouverts.
    « - Tout va bien ? Tu as froid ? »


    Même dans la pénombre, Black vit la lueur d'inquiétude qui brillait dans le vermeil.
    « - Non, non, tout va bien ! C'est juste que .... Je n'ai jamais vraiment dormi à la belle étoile ... Et cette forêt me file la chair de poule ... »
    Il détourna le regard, gêné. Un jour peut être apprendrait il à réflechir avant de parler.
    La main de son ami se leva, montant jusqu'à son visage pour caresser ses cheveux.
    « On ne craint rien ici, tu sais. »


    Pas de réponse. Un changement de sujet s'imposait pour garder Black avec lui.
    « - Tu n'as jamais dormi à la belle étoile ? »
    Gagné. Le regard bleu roi, noir dans la nuit, se plongea dans le sien.
    «  - J'ai jamais eu l'occasion ...
    - Ni même simplement d'observer les étoiles ?
    - Si, sourit Black, Sean a voulu essayer d'y lire mon destin une fois, disant que les lions avaient toujours de la chance avec les astres ...
    Il croisa le regard perdu de Tom, et rit doucement.
    « - Où t'ai-je semé ?
    - Au « lion ». Tu as un animal attitré ?
    - Tu ne connais pas l'astrologie ? »


    Hochement de tête négatif. Curieux, il ne pensait pas que cela était propre aux humains de fantasmer sur les étoiles.
    « - Pour résumer, chaque individu a un signe qui lui ai attribué en fonction de sa date de naissance. Par exemple, moi qui suit né un 5 août, je suis du signe du lion ... Je sais que Mynocia est poisson et toi ... Tu es né quand ?
    - 25 janvier, répondit Tom, l'air complètement intéressé à présent.
    - Oh, tu es donc verseaux il me semble ! Mais les Elfes n'ont vraiment aucune légende liée aux étoiles ? C'est tellement beau et fascinant pourtant ... »
    Il sentit le sourire de tom avant même de le voir.
    « - Si. Tu veux que je t'explique ? »


    Black opina de la tête, passant sa main derrière son cou, attirant son ami contre lui. Tous deux faisaient désormais face au ciel étoilé. Le temps sembla s'arrêter quand leurs regards se plongèrent dans l'étendue scintillante face à eux. Ils s'y sentaient comme aspirés, attirés par une force ténébreuse qui les poussait vers le ciel.

    « - Pour nous, commença Tom, les étoiles sont une sorte de matérialisation de toutes nos valeurs, nos espoirs, nos croyances ... Par exemple, l'étoile rouge de Naellis que tu vois ici, fit-il en la pointant du doigt, est le symbole d'une promesse éternelle. Elle est associée à une pierre de Naellis, rouge comme le sang elle aussi. »


    Il marqua une pause, se serrant un peu plus contre Black.
    « - Il y a aussi la constellation d'Hermania, ici, qui donne à un cœur sincère le pouvoir de parler à l'être aimé s'il est aimé en retour ... Elle est symbolisée par la fleur de lys sur terre. 
    - Toutes ont un équivalent ?
    - Oui, cela peut être des pierres, des plantes, des fleurs ...
    - Wow ... Et il en existe beaucoup ?
    - Enormément ! Rit le chef de guerre. Seule Leïnae les connaît toutes !

    Le silence retomba entre les deux guerriers. Chacun réflechissait à ce qu'il venait d'apprendre sur la culture de l'autre.
    « - Dis, Tom, tu m'en racontera encore, des légendes elfiques ?
    - A la seule condition que tu le fasses aussi ! Le monde humain me passionne, j'ai toujours rêvé
    y vivre ... 
    Black sourit devant l'aveu.
    « - Je t'y emmènerais. »
    Tom ne répondit pas, mais Black sentit qu'il l'avait touché.
    Lui, il trouvait qu'on était mille fois mieux chez les Elfes, dans cette bulle de confort et de sécurité ...
    Ils étouffèrent un bâillement de concert.


    « -Je crois que l'on ferait bien de dormir ! S'amusa le chef de guerre.
    - Juste, Tom ...
    - Oui ?

    - Je suis désolé pour tout à l'heure. Je n'aurais pas du te repousser comme je l'ai fais mais ... j'avais tellement peur et je t'en voulais encore ...
    - Pour Yael, n'est-ce pas ?
    Tom avait baissé le regard, sans pour autant se détacher des bras de Black.
    - Oui.
    Réponse simple, claire, nette. Elle lui broya le cœur.
    - Je savais que Stac était son père. Je suis désolé Black, c'était plus fort que moi.
    Sa gorge s'était serrée sans qu'il ne comprenne pourquoi. Il se mordit la langue, refusant de laisser ses émotions prendre le dessus. Pourtant, Black avait sentit sa voix trembler.


    « - Je comprends, Tom, tu sais. Et tu es pardonné depuis belle lurette. »


    Tom ne sut comment, pourquoi, par quelle magie, mais quelque chose remua en lui. Comme un fil de soie caressant son cœur. Se resserrant d'un cran.    

     

     

    « - Black ! Black, allez, lève-toi, il est midi ! »
    Le chef de guerre s'attira un grognement mécontent. Il n'y croyait pas. Cela faisait vingt minutes qu'il bataillait pour réveiller l'autre marmotte ! Et RIEN, si ce n'était des marmonnements inaudibles et des mimiques mécontents.


    « - Black, allez, bouge ... »
    Toujours rien. Cet homme était incroyable.
    « - Tu ne veux pas aller voir Mynocia à l'hôpital ? »


    Il avait mis l'accent exprès sur les mots « Mynocia » et « hôpital », espérant que la combinaison des deux puisse reconnecter le serveur Black. Et effectivement, la phrase sembla percuter quelques neurones.
    « - Gnuuu ? »
    Il se redressa soudain.
    « - Quoi ?! Myn est à hôpital ?! »

    « - Calme-toi ! Héla Tom, n'étant plus très sûr de sa bonne idée de départ, elle va bien ! Elle était juste très fatiguée, tu te souviens ?
    - Oh oui c'est vrai, l'attaque ...
    Black reprit ses esprits doucement, les événements de la veille lui revenant en mémoire. Ils étaient toujours dans la forêt mais le jour s'était levé. Et depuis longtemps à priori.
    « - Quelle heure il est ?
    - Midi. »
    Il avait l'impression de ne pas avoir dormi du tout.
    « - On peut aller voir Myn, alors ? »
    Tom sourit, l'aidant d'une main à se hisser sur ses jambes.


    « - Oui bien sûr. Mais on va aller manger quelque chose avant : regarde, tes genoux tremblent ... »
    Black opina de la tête, plaçant toute sa confiance en Tom une fois de plus.

     

                    Les positions avaient été curieusement inversées. Un très bel effet de miroir. Un coup farfelu du destin qui tenait à lui rappeler qu'il avait été là, lui aussi, allongé dans un lit d'hôpital pendant près d'un mois.
    « - Puis-je vous confier sa surveillance ?
    - Bien sûr, je ne bougerai pas. »
    Le soigneur le remercia, le salua d'un mouvement de tête et le laissa seul avec Mynocia.
    La jeune femme, alitée, semblait dormir profondément, les traits détendus et le visage serein.
    C'était si rare de pouvoir la contempler ainsi.
    Les cheveux en pétard, sans maquillage ni artifice. Le visage calme, dénué de moquerie ou d'ironie cinglante.
    Naturelle. Et infiniment belle.

     

                   Black regarda le temps passer pendant près de trois heures, vissé sur sa chaise de bois aux côtés de Mynocia, ne remuant presque pas un sourcil. En vérité, il s'était perdu dans ses pensées.
    Dans les souvenirs brulants de tous ces combats qu'il avait mené aux côtés de la guerrière, de ces vies qu'il avait ôtées sans aucun remord pour une cause qu'il jugeait juste ...


    Mais qui lui avait donc donné le droit de tuer ? De quelle force divine s'était-il accaparé pour se proclamer « du bon côté » ? Au final, il ne valait pas mieux que son père qui tuait par goût de la haine, ni même que ces élémentaires de feu qui enflammaient les vies sur leur passage ...
    Mais, il sut, inconsciemment, que bon ou mauvais, le meurtre l'avait déjà changé au plus profond de lui ... Et à jamais.

    Enfin, aux alentours de seize heures, un mouvement dans le lit face à lui le sortit de ses pensées. Il décolla de la chaise, se penchant vers Mynocia qui émergeait doucement. La jeune femme se redressa en position assise, l'air complètement épuisé.


    « - Blacky ... Où on est ? Marmonna-t-elle, la voix un peu rauque. 
    - A l'hôpital du château de Jhi-laim, répondit-il en réfrénant son envie de lui sauter dessus pour la serrer contre lui, tu es  à priori tombée de fatigue et les soigneurs t'ont amenée ici ... 
    - Suuuuuper.
    Black sourit au retour du ton mi blasé mi ironique de sa voix. Même cela, l'espace de quelques heures, lui avait manqué.
    « - Et alors ? T'as pas essayé de récupérer une brochette de morsounet ? »
    Oui, Mynocia était bel et bien de retour.

    Les liés passèrent le reste de l'après midi confinés dans la petite chambre d'hôpital. Black ne broncha pas quand les soigneurs firent passer toute une batterie de tests à Mynocia, vérifiant même que leurs mains ne s'attardaient pas trop sur la guerrière ... On n'était jamais trop prudent.


    Quand la nuit tomba, Tom, accompagné de Jhi-laim, vint prendre son dîner avec eux.
    Black, qui s'était fait des fausses idées sur le prince par le regard de sa mère, put réviser son jugement. Jhi-laim était un homme sociable, cultivé, bourré d'expérience et fort sympathique ... Quoique un peu bavard. Il se conduisait avec eux comme un grand frère attentionné, ce qui eut don de toucher Black qui s'était toujours demandé ce que cela faisait d'avoir un frère.

    Quand les grandes cloches sonnèrent minuit, Jhi-laim réalisa enfin qu'il parlait en continu depuis trente minutes et proposa aux deux hommes de les raccompagner jusqu'à leurs nouveaux quartiers.
    « - Non merci, déclina poliment Black, je vais rester avec Mynocia cette nuit. 
    - Oui, tu comprends, le petit roudoudou a peur de dormir tout seul sans morsounet ... »
    Jhi-laim et Tom éclatèrent de rire, ne posant pas plus de question, souhaitant bonne nuit aux liés et partant se coucher.


    Black, couleur pivoine, se put s'empêcher de râler.
    « - Pourquoi t'es constamment obligée de me rabaisser, hein ?
    - Parce que sinon tu ne serais plus un roudoudou, Blacky, mais un bisounours. »

    Le jeune homme retint un soupir. Cette femme avait une logique qui lui échappait totalement.
    « - Bon, allez, pousse-toi, j'ai sommeil. »
    Mynocia sourit, haussa un sourcil mais se décala, le laissa la rejoindre dans le petit lit. 


    « - Je vais te servir de morsounet cette nuit ?
    - Absolument.
    - Mais comment t'as fais hier ? T'as pris un arbre ? Un ours ? Tom ?
    Elle éclata de rire. Black venait de passer succinctement du sourcil gauche levé au regard terrifié puis enfin aux joues rouges.
    « - Black, sérieusement, tu devais arrêter de prendre Tom pour un doudou. »
    Regard interrogatif. Elle soupira. Le faisait-il seulement exprès ?
    « - Il est fou de toi, tu sais. Tu ne fais que lui donner de l'espoir en faisant ça. Surtout après ce qu'il s'est passé au bal, Black, tu le fais souffrir plus qu'autre chose ... »

    Le silence suivit. Black, cette fois-ci rouge jusqu'aux oreilles, fixait obstinément ses doigts pour ne pas croiser le regard turquoise de Mynocia. Il ne voulait pas faire du mal à Tom. Le jeune homme ne méritait qu'un éternel bonheur après ce qu'il avait vécu ... Et si Mynocia avait raison ? Est-ce que Tom pensait qu'ils avaient une chance, tous les deux ? Non, il le lui avait dis lui-même, il savait que Mynocia était tout pour lui ...


    Et puis ... Il y avait Jhi-laim, non ? 
    SHLACK.
    « - Aïe ! Myn ! »
    Il se massa piteusement l'arrière du crâne qu'elle venait de frapper.
    « - Tu as fini, oui ? Jhi-laim et Tom sont deux frères adoptifs !
    - Mais ... Et ce baiser ?
    - Une tradition te dis-je !
    - On embrasse pas quelqu'un sans sentiment ...
    - Ca te va bien de dire ça. »

    La réplique fit mouche.
    « - Je ... Je ... »
    C'était faux. Il n'avait pas aucun sentiment pour Tom. Il n'avait ... Juste pas les bons.
    « - Ecoute moi bien Blacky. Si tu fais du mal à Tom, je te tomberais dessus, c'est clair ? »
    Ce fut à cet instant que le justicier se rendit compte du lien qui unissait les deux élémentaires. Une amitié plus forte que la jalousie, plus forte que l'amour, que la haine. Une relation indestructible comme il en existait peu.
    Un long, très long silence suivit.
    « - Je t'ai fais buguer, roudoudou ?
    - Non, tu m'as juste ouvert un peu brutalement les yeux... 
    - Dans ce cas referme-les et dors. »

    La jeune femme étouffa un bâillement.
    « - On parlera avec lui, Black. »
    Un petit « mh » peut convaincu lui répondit.
    « - Alors maintenant tu te tais, tu vides ton esprit et tu dors.
    - Plus facile à dire qu'à fhhhmmm ... »
    Pourquoi  personne ne le laissait-il jamais finir ses phrases ?
    Mynocia venait en l'occurrence de tirer son épaule vers elle, attrapant ses lèvres. Le jeune homme s'entendit avec honte gémir dans leur baiser. Bon sang, que cette sensation était extraordinaire ...
    Sans décoller leurs lèvres, elle le poussa sur le dos et s'installa sur lui, approfondissant l'échange, faisant s'embraser leurs sens.


    Chacun de leurs baisers leurs donnaient l'impression de s'unir davantage. De rendre leur lien plus fort, plus mystique encore.
    Comme faits d'une seule âme.

    Mynocia brisa l'étreinte la première, plongeant son regard dans l'océan face à elle. Elle réajusta une mèche rouge sur son front, caressant deux petites ailes qui battirent sous ses doigts.


    « Je t'aime, Myn.
    Un sourire perça ses lèvres.
    - J'sais, Blacky. »
    Elle déposa un nouveau baiser sur ses lèvres et glissa à ses côtés, entrelaçant leurs jambes.


    « - Bonne nuit.
    - Bonne nuit, roudoudou.
    - Arrête.
    – Oui mon roudoudou.
    Un marmonement s'éleva. Un petit rire suivit. Il ferma les yeux. Elle l'imita.
    « Dors bien, Black. »

     

    TOC TOC. TOC TOC.


    « Entre ! »
    Tom poussa la porte, prenant soin de la refermer délicatement derrière lui.
    « - Il dort encore ?
    - Il récupère... La bataille a scié ses nerfs.
    - Et toi, Myn, ça va mieux ? »


    Elle lui sourit, le regardant s'asseoir sur la chaise de bois, le regard perdu sur Black toujours endormi aux côtés de la guerrière.
    « - Leïnae voudrait vous parler. Tu peux le réveiller ? C'est urgent... 
    - Tu veux pas t'y coller toi ? »
    Tom rit doucement. Non merci, il avait testé une fois, c'était amplement suffisant !
    « - Admire l'artiste, Tommy. »
    Elle se pencha sur lui, glissa sa main sous son t-shirt .. Et pinça un téton.

    Black bondit. Il se retourna dans tous les sens, fusillant Mynocia du regard.
    « - Qui te dis que c'est moi ? Fit-elle d'un faux air innocent, je ne suis pas seule ici ! »
    Black se tourna lentement vers Tom, les deux sourcils relevés.
    « - Tu vas la croire en plus ? » Le jeune homme ferma les yeux, soupirant devant les gamineries de ses amis, et se laissa retomber dans les draps.


    « - Allez debout Blacky-bear, Leïnae veut nous voir !
    - Génial, maugréa-t-il. Il a-do-rait- sentir dès le matin le regard vide de la medium ...
    « - Et quand ? »
    On frappa à la porte.
    « - Maintenant à priori. »
    Leïnae ouvrit la porte, amenant avec elle une odeur d'épices dans ses robes jaunâtres.

     


    « - La situation est critique. » 

     

     

     

    Fin du chapitre 21


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