• Chapitre 2

     

    Chapitre 2

    Chapitre 2

    Le feu de l'action

    [Version illustrée disponible ICI]

    Chapitre 2

     


    Black rangea ses affaires de sciences dans son sac et se dirigea en direction de la salle de Mathématiques. Quelques jours avaient passé depuis qu'il portait le pendentif qu'il avait trouvé dans « Légendes Terriennes », et rien de spécial ne lui était arrivé, mis à part le fait qu'il avait légèrement gagné en puissance.Le Justicier Rouge fut rattrapé par un jeune homme blond. Il s'appelait Sean, venait d'une famille très riche et il était le seul ami de Black, ce dernier étant très solitaire. Sean avait les cheveux blonds mi-longs, les yeux verts et sortait toujours avec deux filles en même temps.

    Black, lui et les filles, ça faisait 72. Au moins, si ce n'était plus. Pour lui, une petite amie c'était inutile, collante et fouineuse. Pourtant, il avait un sacré succès, surtout en temps que Justicier Rouge. Mais il ne devait pas prendre le risque que quelqu'un sache qui il était. Ce fut donc en compagnie de Sean que Black rejoignit la salle de mathématiques. Confortablement installé, ou tout du moins le mieux possible, Black sortit ses cours et tenta de prendre des notes en ignorant son ami qui lui racontait avec entrain ses dernières trouvailles féminines. Le jeune homme soupira, laissant son regard se perdre dans le jaune canari des murs, décrochant totalement du  cours. Quelques minutes plus tard, il fut interrompu dans ses songes par un "bip bip" discret qui résonna au fond de son oreille.


    « -Madame, je peux sortir s'il vous plaît ? » Demanda Black à son professeur qui hocha la tête en signe d'affirmation.
    En début d'année, sa grand-mère avait fait un mot à tous ses professeurs pour que les enseignants le laisse sortir de cours. Le motif ? Infections urinaires. Pas très classe et complètement faux, mais drôlement efficace.

    Le Justicier Rouge fonça sur le toit, se changea dans un placard à balais, et s'envola. Quand il revînt, une demie heure plus tard, il était couvert de bleus et de bosses. Il décida donc de passer par la case « toilettes » sachant que Sean lui prendrait son sac.

    Black fut appelé quatre fois dans la journée. Lui qui était sur le terrain environ deux fois par semaine, il commençait effectivement à s'inquiéter. Pourquoi tous ces feux de forêt ? Ces tremblements de terre ? Il ne s'agissait en effet que de catastrophes naturelles, drôles de coïncidences.


    Le lendemain il fut sollicité cinq fois. Le surlendemain, il dut sacrifier sa journée pour aider les survivants du séisme du Lundi. Il en fut ainsi toute la semaine, si bien que, le dimanche arrivé, il désactiva sa montre. Black aimait sauver les gens mais là il était à bout de force. Avachi dans le canapé, il alluma la télévision d'un geste las et chercha les informations.

    « -...Justicier Rouge, à qui des milliers de personnes doivent la vie ! »
    Finit la présentatrice, une femme métisse aux longs cheveux bruns, avant de diffuser des images du justicier.
    Ce fut en se regardant sauver un couple que Black réalisa que la panoplie de ninja lui donnait un look franchement immonde. Décidé comme toujours à tout faire tout de suite, il se dirigea vers son placard.  Il ne possédait pas grand-chose, sa grand-mère étant à la retraite et il ne faisait que des petits boulots ne rapportant jamais beaucoup. Le pauvre Justicier Rouge était donc là, telle une adolescente, planté devant sa penderie, à se demander ce qu'il allait bien pouvoir mettre. Pathétique. Se trouvant soudain stupide, il descendit demander conseil à sa fabuleuse grand-mère. Celle-ci était dans la cuisine, à préparer le déjeuner, d'après les effluves de viande grillée et de pommes de terre sautées qui vinrent lui titiller les narines.

    « -Black ? Que se passe-t-il en ce moment ? Je ne te vois plus beaucoup ! » Demanda Lysia qui avait sentit son petit-fils entrer dans la cuisine. Ce dernier, qui avait piqué une patate et l'avait rapidement enfoncée dans sa bouche, ne put pas lui répondre dans la seconde et sa grand-mère perçut le silence comme une hésitation de réponse.
    « -Oh, je vois ! Tu t'es enfin trouvé une petite amie ? »
    Un hoquet lui répondit. Black, alias superman version moderne, Justicier Rouge dans ses heures secrètes, allait s'étouffer avec une patate. Refusant de faire d'une bête pomme de terre son bourreau, il courut chercher un verre d'eau.
     
    Lysia, pas inquiète pour deux sous, protégea ses supers-patates-de-la-mort-qui-tue, et c'était le cas de le dire, avant de réattaquer la pauvre guimauve violette qu'était devenue son petit-fils.
    « -Elle s'appelle comment ? »
    Cette fois-ci, Black fut plus maître de lui-même, et recracha le contenu de son verre d'eau dans l'évier et non pas sur la tête de mamy.

    Voulant mettre cela au clair en faisant tout de même attention de ne rien avaler de trop dangereux pour sa santé (comme une patate ou de l'eau), Black se planta devant Lysia, résigné.
    « -Mamy je t'adore mais je t'ai déjà dit que les filles ce n'était pas pour moi !
     -Arrête de raconter des bêtises, l'amour fait faire de grandes choses ! Et puis, regardes-toi ! Tu es bizarre quand même ! Tu as 17 ans et tu n'as jamais roulé de pelle ! »

    Et elle a 72 ans, elle est à la retraite et ne peut même plus faire trois étages.
    Black était d'un rouge pivoine, le rendant encore plus mignon que d'habitude. Mais Lysia avait raison, et cela l'énervait encore plus. Il fila dans sa chambre sans demander son reste. Il s'assit sur son lit, oubliant les histoires de tenues du Justicier Rouge. Sa chambre n'avait pas été refaite depuis que sa grand-mère avait acheté la maison. Le papier peint était en bois sombre, comme pratiquement tout le mobilier. Malgré l'ambiance de hêtre et de classique qui régnait dans la pièce, Black s'y sentait à l'aise, chez lui.
     
    Sa grand-mère avait raison, il ne connaissait rien à l'amour, aux filles et tout ce qui allait avec.
    Non, il n'avait jamais été amoureux, c'était vrai qu'il n'avait jamais embrassé personne, mais était-ce d'une importance aussi capitale ? De toute manière, à l'habitude, cela ne le gênait pas d'être différent. Pourtant, il avait envie de rattraper son retard. Black aimait bien avoir une longueur d'avance sur les autres, mais avoir un décalage n'était vraiment pas pour lui.

    Oui, c'était décidé, il allait se trouver une copine.
     
    Alors qu'il allait se lever pour se diriger vers l'ordinateur, une atroce douleur colla son dos contre le matelas. Essayant de se relever, il réalisa que c'était le pendentif qui semblait le bruler de l'intérieur. Il tenta alors de se relever, mais l'étoile était devenue noire et très chaude.

    Black, paniqué, essaya toutes les techniques possibles et imaginables pour se débarrasser de ce fichu pendentif, mais rien à faire, l'étoile désormais noire s'était incrustée dans sa peau. Abandonnant l'idée de retirer l'étoile de son torse, Black réunit toutes ses forces pour se relever et se diriger vers la salle de bain, pensant qu'une douche bien froide allait calmer la brulure du pendentif.

    A priori, le Justicier Rouge avait raison, car l'étoile redevenait rouge en contact avec l'eau gelée, le brulant de moins en moins mais restant collée à sa peau.

    La douche n'avait eu que des effets bénéfiques sur le jeune homme ; elle avait calmé la brulure et lui avait remit les idées en place. La précédente discussion avec sa grand-mère lui étant totalement sortie de l'esprit, Black put de nouveau se concentrer sur la future tenue du Justicier Rouge.
     
    C'est ainsi que le Lundi du lendemain, il apparut devant l'immeuble en feu, arborant une tenue crée par lui-même avec du tissu trouvé dans le grenier et la vieille machine à coudre de Lysia.
    Étrangement, sitôt arrivé, il n'eut cure de sa tenue, l'esprit torturé par autre chose. Il ne s'agissait pourtant pas du bâtiment consumé par les flammes car maintenant il commençait malheureusement à avoir l'habitude des prétendues « catastrophes naturelles ». Et pourtant, son sang circulait à toute allure, faisant battre son cœur à une vitesse affolante.

    Serrant les poings à s'en faire saigner, il ignora ce mauvais pressentiment pour demander aux journalistes présents se qui se passait avec les pompiers qui demeuraient absents.
     
    « -On ne sait pas comment le feu à démarré ! Un homme a tenté d'éteindre les flammes mais l'extincteur n'a fait que redoubler le feu ! C'est incroyable ! Les pompiers sont injoignables ! Vous arrivez à temps ! » S'écria le commissaire Marcel, qui avait couru jusqu'à lui quand il l'avait aperçu.
     
    Le commissaire était un homme très petit de taille, un peu grassouillet. Il n'avait presque plus de cheveux, les yeux noirs et attentifs. C'était un très bon policier, très ouvert aux autres mais à cheval sur les lois, comme tout représentant de ces dernières. La montre de Black était un cadeau du commissaire. Le Justicier Rouge apprit alors qu'une enfant d'une dizaine d'années était encerclée par les flammes sur le toit. Toujours d'après Marcel, les hélicoptères ne pouvaient pas approcher sous peine de se retrouver eux aussi calcinés .Black n'hésita pas plus longtemps et s'envola en direction du sommet de l'immeuble. Le bâtiment, dont les fondations brulaient, n'allait pas tarder à s'écrouler. Il comprit qu'il fallait agir vite mais sans précipitation pour sauver l'enfant du mur de flammes.

    Black se concentra un instant et fit apparaître un bouclier d'énergie pure pour descendre sans se brûler.  Le jeune homme ne se rendit pas compte que l'étoile qu'il portait autour du cou venait de virer au violet. Tout ce qu'il voyait, c'était cette forme de fillette recroquevillée en position fœtale, terrorisée devant la hauteur du feu qui dansait devant elle.

    Protégé par son bouclier, Black s'approcha de l'enfant et détruisit un paratonnerre qui allait leur tomber dessus. La petite fille devait avoir 1o ans à peine, elle avait les cheveux d'un blond presque blanc, les yeux d'un bleu très clair, le visage noirci par les larmes et les cendres. En voyant arriver le Justicier Rouge, elle se précipita vers lui et couru se cacher dans son cou.

    « -C'est fini, tu vas voir, je vais te sortir de là » Murmura Black à l'enfant qui tremblait encore de peur mais aussi de soulagement.
    Tout se passa très vite. Trop vite.
    Les flammes atteignirent un réservoir à gaz qui explosa avec un BAOM retentissant. L'énorme container derrière eux prit feu, et oscilla dangereusement avant de tomber au ralenti.
    Le Justicier Rouge, qui s'était baissé et avait encerclé la petite de ses bras pour la protéger de l'explosion, releva la tête et son cœur rata un battement.
    L'énorme fournaise allait les écraser. Black se redressa, mais il était trop tard, le conteneur n'était qu'à dix centimètres de sa tête.
     
     

    Chapitre 2

    Fin du chapitre 2

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :