• Chapitre 3

     

    Chapitre 3

    Chapitre 3

     Les jours de cendres

     

    [ Version illustrée disponible ici ]

     

    Chapitre 3

     

    Black savait les risques qu'il prenait en jouant les justiciers, mais se retrouver ainsi devant une mort certaine était loin d'être amusant.
    Se sachant condamné, Black se jeta sur la petite pour la protéger de l'impact, exposant dangereusement son dos. Il s'attendait à un choc brut et enflammé, mais c'est une caresse humide qui lui frôla le dos.
    Stupéfait, il releva la tête et en eu le souffle coupé.


    De l'eau.


    Des immenses vagues semblaient danser, puis déferler sur le feu, tuant les flammes.
    Le container avait été pulvérisé sur un côté. Les vagues se déchainaient contre le feu qui ravageait l'immeuble. A la source de la tempête qui, curieusement, ne trempait ni Black ni la petite, se tenait une silhouette féminine. Il était impossible de distinguer de cette femme autre chose que ces doigts qui semblaient mener la danse de l'eau. C'était fascinant. Cette femme, qui qu'elle fut, venait de lui sauver la vie. Les mains de l'inconnue s'abaissèrent et la tempête d'eau disparut immédiatement, laissant place à un paysage calciné mais inoffensif.


    Elle se retourna vers le Justicier Rouge et les yeux de celui-ci s'ouvrirent en grand. C'était une jeune femme, elle devait avoir un peu plus de la vingtaine. Elle avait la peau claire, un visage fin et droit, à moitié caché par un foulard. L'inconnue portait un bustier noir à épaulettes, un pantalon de combat de la même couleur et une cape. Ses pieds étaient chaussés de lourdes bottes de cuir, cliquetant à chaque pas.


    Mais le pire, c'était ses cheveux. Appelez ça comme vous le voudrez, mais Black, lui, n'aurait pas nommé « ces choses » des cheveux. La guerrière (car elle en avait le look), portait des dreads violettes, le tout relevé en queue de cheval sur sa tête.
    Black avait horreur des dreads, cela lui faisait penser à des serpents.Et il avait la phobie des serpents ...

    La guerrière inconnue s'approcha de lui, le détailla des pieds à la tête, avant de hausser un sourcil moqueur. Le regard de la femme aux cheveux-serpents tomba sur la petite blonde qui s'était cachée derrière Black, s'agrippant à son pantalon.
    « -Tu te dis justicier et tu n'es même pas capable d'éteindre un feu ? » Demanda la guerrière d'une voix assurée et cristalline.

    Black, qui comptait tout de même la remercier, se ravisa bien vite au ton hautain de l'autre.
    « -J'y crois pas ! Ces imbéciles te prennent pour un héros ! » Continua la jeune femme en fixant la horde de paparazzis, en bas de l'immeuble.
     -Qui êtes-vous ? Demanda Black sur le même ton hargneux sans lâcher du regard ses cheveux.

    -Mynocia. C'est tout ce que je peux te dire pour le moment. » Fit la concernée de sa voix cristalline.
    Alors que Black allait répliquer, la dénommée Mynocia lui coupa la parole.
    « -La prochaine fois, tâche d'être à la hauteur de ce que ces terriens attendent de toi. Oh, et une dernière chose ! Cache ce pendentif, personne ne connait la légende ici. »

    Black baissa les yeux sur le dit pendentif, qui était devenu d'un violet sombre.
    D'un violet sombre ? Quand-est-ce que ce truc avait-il viré du rouge au violet ?
    Le Justicier Rouge releva la tête pour demander à cette Mynocia ce qu'elle savait exactement de cette légende, mais elle avait disparut. Envolée. Énervé de s'être fait prendre au jeu de cette inconnue, Black shoota dans une tuile calcinée qui s'envola au fin fond de l'univers.
    « -Merde » Jura-t-il en fixant le point qu'était devenue la tuile. Il allait encore se faire engueuler par la NASA. La dernière fois, il avait cassé un satellite avec une boite de conserve.
    Chassant cette gaffe de son esprit, il se tourna vers la petite qui avait suivit toute la conversation sans dire un mot.

    « -Désolé pour ça. Tout va bien ? » Demanda-t-il, agenouillé vers l'enfant qui opina de la tête.
    « -Allez, viens, on redescend. »
    Il attrapa la petite et la serra dans ses bras avant de décoller, direction le bas de l'immeuble.

    Arrivés en bas, la mère de la blonde et précipita vers lui. La petite courut se réfugier dans les bras de sa mère, qui remercia vivement le Justicier Rouge. Ce dernier s'attendait à une effervescence de paparazzis mais un seul journaliste s'approcha de lui. C'était un homme que devait avoir la trentaine, il avait les cheveux roux et les yeux noirs.

    « -Alors, Justicier-Rouge, que pouvez-vous dire sur cette mystérieuse inconnue à qui vous devez la vie ? »

    Black était désarmé. Il ne s'attendait effectivement pas à ce que la presse soit au courant de la scène du toit.

    « -Elle m'est inconnue » Fit le Justicier, qui avait vraiment besoin de se reposer après cet éprouvant épisode.
    Le journaliste ne parût pas étonné du fait que Black utilise un langage plutôt soutenu. Il en avait prit l'habitude pour être sûr que personne ne puisse percer sa couverture.
    Vous auriez-vu, vous, un jeune de 17 ans parler comme s'il en avait quarante et qu'il appartenait à une certaine noblesse ?

    Le journaliste n'insista pas et partit rejoindre le groupe, permettant au Justicier-Rouge de s'envoler vers sa maison.
    Ce qu'il ignorait, c'est que deux émeraudes le regardaient de loin.
    « -Je ne veux pas détruire ta vie, Black, mais cette légende va t'obliger à partir ... Tu vas avoir besoin de courage pour tout abandonner... Bonne chance, petit justicier. »

    Le jeune homme pénétra dans la maison vide (Lysia devait être chez une amie), monta dans sa chambre et s'écroula sur sa chaise de bureau. Il était sidéré. Cette fille au look « cybernétique » franchement horrible, l'avait ridiculisé et insulté ! Non mais pour qui se prenait-t-elle, celle-là ? Tout chez-elle horrifiait le justicier ; ses cheveux, ses vêtements, sa voix horriblement trop claire, ses yeux trop verts ou trop bleus, et son foulard qui cachait son visage.
    Que camouflait-elle ? Une cicatrice ? Des brulures ? Des traits disgracieux ?
     
    Mynocia.

    Et puis qu'est-ce que c'était que ce prénom, d'abord ?!
    Cette guerrière avait un culot incroyable tout de même.
    En allumant l'ordinateur par simple réflexe, il réalisa que ce qu'il avait vu n'avait rien d'ordinaire. Depuis quand quelqu'un pouvait-il faire danser de l'eau ? D'accord, c'était un spectacle magnifique. Mais pas normal.
    Il devait avoir rêvé.
     
    Le lendemain matin, convaincu qu'il avait rêvé, Black allumait la télé, ancré dans le canapé. Il ne s'attendait pas à tomber sur les informations, ni à entendre la présentatrice clamer qu'une femme mystérieuse avait sauvé la vie du héros national.

    Ce dernier s'était levé quand il avait vu des images de Mynocia filmée de très haut. Là c'était trop ! Cette fille débarquait de nulle part, le critiquait et maintenant, lui volait la vedette ?
    C'était la guerre qu'elle cherchait ?

    « Très bien, elle allait la trouver, foi de Black. » Pensa celui-ci en sortant, faisant claquer la porte et hurler Lysia qui le menaça de lui faire payer la réparation avec la peau de ses fesses.
     
    Durant les jours suivants, Black intensifia encore plus son entraînement. Malheureusement pour le justicier et heureusement pour Mynocia, cette dernière ne donnait plus signe de vie depuis plusieurs semaines. Les articles sur elle fusaient, la presse se déchainait sur ce nouveau scoop qu'avait créé la guerrière, laissant Black totalement délaissé de l'écran et des journaux.
     
    Le Justicier Rouge était épuisé aussi bien psychologiquement que physiquement ; car si les médias prenaient ces feux de plus en plus violents et répétitifs comme des dérèglements climatiques, ils n'accentuaient pas le fait qu'un homme suait sang et eau pour sauver des vies chaque jour !

    Pas un mot sur le justicier. Rien. Silence radio.
     
    Sa fatigue avait des effets très notoires sur l'ensemble de la ville ; il mettait plus de temps à arriver, et était moins efficace vis-à-vis des feux, ce qui, évidemment, faisait râler la presse.
    Il y pensait encore en arrivant enfin sur les lieux d'un feu de forêt au nord de la ville, quelques jours plus tard. Il avait changé de tenue et repris l'ancienne.
     
    C'est donc sans entrain et avec une force de l'habitude qui était très déroutante que Black envoya des immenses containers d'eau sur les flammes. Soudain, son attention fut retenue par une violente explosion un peu plus loin dans les bois. Curieux et intrigué, il se rendit à l'origine du bruit, laissant sans scrupule ces ingrats de pompiers se débrouiller avec les flammes.
    Il se posa et esquiva de justesse une boule de feu.

    C'était quoi ce délire ?
     
     
     
     

    Chapitre 3

    Fin du chapitre 3
     

     


  • Commentaires

    1
    Lesossontdesorganes
    Dimanche 12 Avril 2015 à 20:06
    Coucou Comet, je crois qu'il y a une petite erreur dans la phrase "Arrivés en bas, la mère de la blonde ET précipita vers lui." Ainsi que "C'était un homme QUE devait avoir la trentaine" Mais rien de grave! Sinon je voulais souligner le fait que j'adore ton humour farfelu (qui est, en plus, surprenant) ça rajoute de l'attrait à la lecture (en tout cas pour ma part!) Bisouus
    2
    Jeudi 23 Avril 2015 à 18:05

    Coucouuuuu ! merci beaucoup pour les corrections, je change ça de suite !
    Oulah oui, l’humour avec moi, c'est toujours farfelu ... XD

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