• Chapitre 7

    Chapitre 7

     

    Chapitre 7

    Nouveau départ

     

    [ Version illustrée disponible ici ]

     

    Chapitre 7

     

    « -De quoi as-tu rêvé exactement ?
     
    Black, dont les yeux bleus trempés de larmes s'étaient plongés dans ceux beaucoup moins froids que d'habitude de Mynocia, hésita longtemps avant de savoir si oui ou non il pouvait confier son cauchemar à la guerrière qui ne lâchait pas sa main. Doucement et d'une voix hésitante, il commença à narrer son rêve.
     
    -Je ... J'étais dans une grande pièce noire, vide ... Il y avait des élémentaires de Feu ... Lysia est apparue ... Ils l'ont attachée et mise sur un bûcher qu'ils ont allumé ... Elle hurlait que c'était ma faute si elle était morte, que j'aurais dû être là, comprendre plus tôt et fuir avec elle ou ...
     
    La fin de sa phrase fut coupée par un violent sanglot qui l'empêcha totalement de parler.
    -N'en dis pas plus, le conforta Mynocia en caressant toujours ses cheveux qu'elle trouvait adorablement doux.
     
    Black hocha la tête doucement et murmura un faible « merci » à la guerrière.
    Il ne savait pas pourquoi, mais sentir la main de la guerrière jouer avec ses cheveux était à la fois très agréable et lui donnait encore plus envie de pleurer.Inconsciemment, la main du jeune homme vint saisir celle de Mynocia qui avait rompu leur fusion d'âme. Celle-ci, touchée malgré-elle du geste inconscient du guerrier de venir chercher sa présence, baissa les yeux sur leurs mains jointes.
     
    De celle de Black s'échappait une étrange fumée qui fit sourire l'élémentaire. Plus aucun doute n'était possible, le Justicier Rouge l'était.
    Les minutes s'entassèrent et Black, qu'un maux de tête étrange avait saisi, n'arrivait pas à stopper ses larmes. Alors qu'il allait de nouveau tenter de retenir sa respiration pour faire taire ses sanglots, une voix douce et mélodieuse parvint à ses oreilles. Les paroles étaient belles et la voix pure et claire au chant de la guerrière apaisa le jeune homme.
     
    La chanson s'acheva.

    -Tu chantes vraiment bien. Murmura Black, un petit sourire sincère accroché aux lèvres. Les sanglots s'étaient calmés, la voix de Mynocia avait eu un effet de calmant même s'il avait toujours le front qui le brûlait.

    Ne souhaitant pas perturber le sommeil de la guerrière plus longtemps, Black remonta sur le sofa et se recoucha cinq secondes avant que Mynocia ne le fasse tomber par terre.

    -Qu'est-ce que tu comptes faire, justicier de pacotille ?
    Quand le dénommé lui répondit d'un ton pâteux qu'il se recouchait, la guerrière haussa un sourcil.
    -Hors de question d'être à nouveau réveillée par tes cauchemars. A partir de maintenant, tu dors avec moi.
    Tandis que Black, rouge de gêne et de honte, protestait vivement, Mynocia le poussa sur le lit avant de la forcer à se glisser sous les draps, pendant qu'elle partait fouiller dans son placard.
    -Tiens, Black-bear, une autre peluche. Je refuse de te servir de doudou, fit-elle en lui lançant une étoile dans la figure.
     
    Éberlué, Black garda la peluche dans les mains en regardant Mynocia se glisser à son tour sous la couette à l'autre extrémité du lit.

    -Dors maintenant, Blacky-bear, fit le dos de la guerrière.
    -Merci, murmura le dénommé en fermant les yeux pour sombrer d'un coup dans un sommeil profond. Ses rêves ne furent plus peuplés d'élémentaires et de feu mais habités par une voix pure qui chantait sa présence.
     

    Chapitre 7

     
     
    Une semaine passa. Black cohabitait avec Mynocia pour le meilleur et surtout pour le pire. Toutes les nuits, le jeune homme cauchemardait et seule une fusion d'âmes pouvait le calmer. Il dormait mal, et la journée ne mangeait peu, ne répondait pas aux piques acerbes de Mynocia et la regardait étudier les cartes de leur futur voyage, d'un air triste et absent
     
    La guerrière lui avait expliqué que les feux étaient en réalité une déclaration de guerre des éléments de feu. Le problème était qu'à eux-seuls, ils ne pourraient faire face à un bataillon d'élémentaires armés jusqu'aux dents. Dans quelques jours, ils partiraient donc proposer une alliance aux dernières créatures magiques ; les elfes. Hélas, leur voyage s'annonçait d'ores et déjà périlleux ; il faudrait forcément traverser des terres appartenant à l'armée de Combustor.
     
    Black avait découvert, au lendemain de sa première nuit chez Mynocia, qu'un étrange signe d'un vert pâle s'était logé sur son front. Immédiatement, il avait paniqué et tenté par tous les moyens possibles de se soustraire de cette chose qui, fort heureusement, était cachée par ses mèches rouges. Rien n'avait fait, le signe ne voulait pas partir. Il n'osait pas en toucher mot à sa colocataire, plus par fierté qu'autre chose.
    Mynocia, qui craignait de devoir repousser encore leur départ en raison de l'état de Black fut ravie de voir, quelques jours plus tard, que le justicier rouge ne cauchemardait plus ou presque, qu'il avait retrouvé sa joie de vivre et qu'il répondait avec verve à ses piques.

    Un matin, valise à la main, ils décolèrent sur le trajet qu'avais tracé la guerrière jusqu'au Quartier Général.
    Black, n'ayant pas prit garde au trait rouge indiquant le chemin que l'élémentaire avait tiré sur la carte, se contentait de suivre Mynocia en zigzagant derrière elle pour s'occuper. Il arrêta cependant de s'amuser ainsi quand elle le compara à une mouche droguée.

    Ses pensées dérivaient à présent sur tous ces gens qu'il avait laissés à leur propre sort dans les incendies.
    Honteux, il détourna son esprit de cette partie délicate de leur fuite. Au moins, faire l'imbécile lui permettait d'oublier cette mauvaise action.
     
    Ils survolèrent des forêts, des montagnes, des rivières, des plaines, des clairières et bien d'autres paysages toute la journée durant. Alors que le soleil disparaissait à l'horizon et que le temps se rafraichissait, Mynocia montra du doigt un lac à Black ; ils s'arrêtaient pour la nuit. Black posa un pied à terre et partit faire une ronde en tapant des pieds pour éloigner les serpents, ignorant la remarque ironique de Mynocia sur son amour des reptiles. Revenu de son tour de « désintoxication du milieu », il sortit la tente de sa valise et la monta en deux minutes. Le camping, il connaissait depuis qu'il était tout petit.
     
    La nuit tomba rapidement et les deux ennemis colocataires se firent le festin du siècle ; une boite de raviolis au feu de bois, un poisson grillé du lac et des baies. Le diner fini, ils se serrèrent en râlant dans la petite tente violette, et s'endormirent après trois gueulades de Mynocia après Black qui se serrait contre-elle.

    « -Tu fais chier Blacky-bear.
    -Toi aussi je te rassure. »

    Ils s'endormirent, collés l'un à l'autre, sur ces belles paroles.
     
    Le lendemain, ils plièrent le camp et s'envolèrent jusqu'à ce que Mynocia ne les force à continuer à pied ; ils traversaient les terres des éléments de feu et inverser les pôles demandant trop d'énergie, ils étaient facilement repérables à leurs forces. Malgré tout, cela s'annonçait paisible.
    C'était sans compter sur Black qui s'ennuyait et qui avait décidé de remixer à sa sauce tout un tas de chansons françaises.
     
    Mynocia se crispa en entendant le justicier chanter « tata yoyo », « allumer le feu », ou bien encore « les démons de minuit ». Elle pensa avec horreur qu'une cuillère tapant sur une casserole produisait un son bien plus mélodieux que les cordes vocales de Black. Après avoir passé « le dîner », « les amoureux des bancs publics », « le pouvoir des fleurs », « la salsa du démon » et « la danse des canards », Black entama des tubes anglo-saxons avec du rock anglais et américain.

    « -We are the chaaaaaaaampions, my friiiiiiiiiiiiiiends ! »

    Mynocia se demanda un instant si l'euthanasie coûtait cher pour les Blacky-bear.

    -... Still lovin' youuuuuuuuuuuuuu !

    Mais quelle horreur. Il était en train de massacrer toutes les chansons de Queen et Scorpions qu'il connaissait. Et le répertoire était malheureusement assez large.
     
    Après avoir entendu « Show must go on » ; « we will rock you », « i want to break free », « princes of the universe », « radio gaga », « wind of change » et « i wanted to cry » massacrés par Black, Mynocia explosa :

    -C'est pas bientôt fini ce concert de porc qu'on égorge ? Tu vas pas chanter Céline Dion non plus ?!
    Loin de se démonter, Black répondit, tout sourire :

    -Ah mais je sais ! All by myseeeeeeeeeeeeeelf !
     
    La guerrière lui jeta un regard dégouté et tourna les talons alors que Black trottinait derrière elle en reprenant toutes les chansons de Céline Dion. Enfin, quand Black commença la chanson du film Titanic, ils purent de nouveau voler et l'air permit à Mynocia de ne plus entendre Black vociférer des « go oooooooon ».
    Après une heure et demi de vol, Black avait chanté tout son répertoire et au grand dam de Mynocia qui ne volait pas assez vite pour ne pas l'entendre, il n'avait pas omis « petit papa noël », « mon beau sapin » et même « joyeux anniversaire ». Alors qu'elle croyait le calvaire terminé, le justicier se lança dans un nouveau projet acoustique ; l'interprétation musicale de toutes les publicités possibles. Mynocia accéléra encore, sachant très bien qu'elle serait à bout de force très vite à ce rythme-là, mais préférant le vent sifflant aux oreilles à la petite mélodie de la SNCF.
     
    Black, de son côté, s'amusait comme un petit fou ; il avait comprit que chanter comme une casserole était l'une des seules choses capables d'irriter durablement la guerrière. Il tenait sa petite vengeance : saouler Mynocia en faisant semblant de chanter comme un pied. Et cela marchait atrocement bien.
    Environ dix minutes plus tard, , Mynocia ralentit l'allure et entendit distinctement :

    « -Si c'est bon c'est Danette, c'est Danette ! »
    « -Oh la Diva ! On est arrivés alors cesse de vouloir faire tomber la pluie ! »
    Black arrêta de chantonner et baissa les yeux.
    C'était ça, le quartier général des dernières créatures magiques ?

    « -C'est quoi ce délire ? »
     
     
     

    Chapitre 7

    Fin du chapitre 7
     
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